
LE BLOG NOIR ET BLANC.
Bande Dessinée, Manga, Illustration, Arts graphiques, Photographie, Musique, Cinéma ...
LA CULTURE, COULEURS NON ADMISES.
de Wazem et Peeters (les Humanoïdes Associés)
Voici l'intégrale de Koma en version noir et blanc, avec la petite Addidas qui n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de secourir son papa ramoneur.
C'est avec un grand plaisir qu'on redécouvre cette splendide BD et cette histoire avec des personnages attachants. Le trait de Frederik Peeters est magistral et c'est un régal de pouvoir y plonger pendant 274 planches.
Toutes les émotions sont réunies pour faire de cette histoire un chef d'œuvre : la peur, la tristesse, la joie, le rêve, la haine ou le rire. La fin est poétique jusqu'à l'absurde.
Très chaudement recommandé surtout pour ceux qui n'ont pas les 6 albums full color.
Manu

D'Elodie Durand (Delcourt)
D'abord désolé de cette longue absence sur le front des sorties BD, mais franchement la plupart de ce que j'ai lu dernièrement m'a déçu, comme le Gaza de Joe Sacco pour n'en cité qu'un. Alors j'ai mis la pédale douce question achats, espérant que la rentrée littéraire de la BD serait plus juteuse et goûtue que ce qui est sorti en ce début d'année.
Et voici donc un bon roman graphique comme on les aime, avec un témoignage autobiographique sur l'épilepsie. C'est une plongé dans la réalité de la maladie et dans toutes les complications liées à la dégénérescence du corps, et - ici surtout - de l'esprit.
Et ce qui est remarquable c'est que l'auteur entrecoupe son récit de dessins réalisés au plus fort de son drame intérieur, ou alors des illustrations allégoriques de la maladie. Mais rien à voir avec "l'ascension du haut mal" où David B. évoque l'épilepsie de son frère. Ici c'est de l'intérieur qu'on vit le train des souffrances de l'auteur.
Manu

de Joseph Falzon (Sarbacane)
Coup de maître pour Joseph Falzon, dont j'avais déjà parlé ici. Après ses collaborations avec l'Employé du Moi voici un album muet qui nous raconte les déboires d'un homme pris en pleine guerre civile.
Le traitement graphique (alternance de planches encrées et de planches crayonnées pour les flashback) donne au récit une consistance qui rend tout texte inutile. Et c'est avec une violence du trait incroyable qu'on rentre à fond dans cette histoire sombre à souhait.
Très vivement recommandé et déjà dans mon top 10 de fin d'année.
Manu

Pour en savoir plus :
De Vehlmann et Duchazeau (Dargaud)
Georges Méliès était un passionné de prestidigitation et de cinéma. Ce livre ne retrace pas la vie de ce grand visionnaire, mais propose 7 histoires qui auraient pu sortir de son imagination débordante. Ce sont donc les scénarios de films qu'il aurait pu tourner, ou d'histoires qu'il aurait pu raconter.
Vehlmann et Duchazeau proposent une reconstitution inspirée du Paris de la fin du 19ème sciècle. Et ce livre nous montre le grand talent de ces 2 auteurs qui décidément ne cessent de nous étonner.
Manu

d’Urasawa et Tezuka (Kana)
Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre… Et dire que je trépignais d’impatience est un doux euphémisme. Ben oui… Dès que l’on prononce le nom d’Urasawa, mes poils se dressent et mes jambes ne me portent plus ! « Monster » et « 20th century boys » furent deux séries d’exception. On découvrait en simultané deux œuvres majeures de ce maître du suspense qu’est Naoki Urasawa. Deux nouvelles séries du mangaka démarrent de par chez nous en ce début 2010 : « Happy ! » (pour le mois d’avril) et surtout « Pluto » dont Kana sort deux volumes en ce mois de février. Fortement imprégnée d’une des aventures d’AstroBoy (d’où la mention de Tezuka au scénario), Pluto nous raconte l’enquête que mène l’inspecteur Gezicht sur les meurtres des plus fameux robots de la planète… On retrouve le même génie narratif de Monster et la même montée en puissance. Diablement efficace, comme d’hab !
Bruno

De de Bonneval et Bonhomme (Dupuis)
L'autre jour Bruno me fait remarquer qu'aucun des prix décernés cette année à Angoulême n'est no color. Je pensais que c'était exact jusqu'à ce que j'ai entre les mains et que je lise la réédition noir et blanc et au format à l'italienne de la série Messire Guillaume.
Le dessinateur du Marquis d'Anaon est décidément un magicien de l'image. Il nous entraîne avec l'excellent scénariste de Bonneval (aussi connu pour ses collaborations avec Velhmann ou Duchazeau) dans une aventure palpitante entre rêve et réalité.
C'est l'histoire du jeune Guillaume qui n'arrivant pas à accepter la disparition de son père part à sa recherche. Une longue quête qui va transporter le héros dans des pays imaginaires. Un conte pour enfants et pour adulte. Il a d'ailleurs reçu le prix intergénération à Angoulême.
Et dire que j'allais passer à côté de cette grande œuvre estampillée no color sans hésitation.
Et toujours à propos d'Angoulême je suis très content pour Dodier qui a reçu le prix de la série pour JKJ Bloche. Si vous trouvez encore la version no color faut vite l'acheter.
Manu

De David Small (Delcourt)
David Small raconte sa vie et ça fait froid dans le dos. Quand il était gamin, son médecin de père lui prescrit des séances de radiographie qui vont entraîner un kyste au cou qui se révélera être une tumeur cancéreuse. Les parents de David sont inhumains avec lui. Ils lui reprochent sa maladie et finissent par le nier complètement.
On est révolté par la douleur physique et psychique endurée par David. Et en plus de l'émotion il y a le plaisir de voir des dessins remarquables et justes, et aussi des moments calmes alternés avec des moments angoissants et sombres.
Un grand roman graphique qui a été finaliste aux National Book Award 2009.
Manu


De Takashi Fukutani (Le Lezard Noir)
Yoshio Hori est un peu comme le Sam Bott du Londres des seventies: un looser dans le Tokyo des années 80. Sauf que contrairement à Sam qui est plutôt du style anglais timoré, Yoshio c'est le genre pervers gros dégueulasse et paresseux.
Au fil de ses aventures il va rencontrer des personnages haut en couleurs. Mais la chance n'est pas vraiment de son côté, et sa quête de sexe restera toujours inassouvie.
Takashi Fukutani, décédé depuis, arrive à passer outre le côté trivial ou vulgaire de certaines situations pour proposer un regard aiguisé sur la société japonaise de cette époque. Le dessin est parfaitement maîtrisé.
Vivement la suite.
Manu

de Raoul Buzzelli (Delcourt)
Toute ma jeunesse de petit branleur. A l'époque il existait des bd pornos au format pocket (un peu comme les revues comics). C'était du porno très soft que l'on pouvait trouver dans les années 70 chez les bons marchands de BD, en l'occurence chez The Skull à Saint Gilles.
Alors, qui est Sam Bott? Un paumé qui se trouve toujours mêlé à des histoire extravagantes et qui n'arrive jamais à trouver ni le temps, ni l'argent pour manger. Ce qui fait sa particularité c'est la taille démesurée de son pénis, qui les rendent toutes folles de lui.
Une bonne idée des Editions Delcourt de rééditer ce pilier de la BD pornographique, même si c'est plutôt réservé aux nostalgiques.
Manu


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